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Hauteur : 150 cm
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La lanterne de pierre japonaise, le tōrō (灯籠, « panier de lumière »), arrive de Chine au VIe siècle dans les bagages du bouddhisme. Elle est d'abord fondue en bronze, sur le modèle coréen, et plantée devant les temples pour éclairer les façades pendant les cérémonies nocturnes : la flamme y est une offrande faite au Bouddha. À l'époque de Heian (794-1185), la lanterne quitte le seul monde bouddhique pour gagner les sanctuaires shintō, puis les demeures privées. Les plus anciennes qui nous soient parvenues se trouvent à Nara, au Taima-ji et au Kasuga-taisha.
Le grand basculement a lieu à l'époque Azuchi-Momoyama (1568-1600) : les maîtres de thé s'emparent de l'objet et l'installent dans leurs jardins. Ils cessent de le copier pour l'inventer, et c'est de cette période que datent la plupart des formes que l'on connaît aujourd'hui.
Une lanterne complète est une cosmologie empilée. De bas en haut : le socle kiso pour la terre (chi), la plate-forme chūdai pour l'eau (sui), la chambre de feu hibukuro pour le feu (ka), le support en lotus ukebana pour l'air (fū), et le joyau sommital hōju pour le vide (kū). Allumer la lanterne, c'est réveiller le seul élément qui manque.
Le nom évoque le mont Yoshino, dans la préfecture de Nara — le lieu le plus célèbre du Japon pour la floraison des cerisiers, chanté par les poètes depuis plus de mille ans. La Yoshino-dōrō appartient à la famille des lanternes hautes sur pied (tachi-dōrō), posées sur un socle plutôt qu'enfoncées en terre. Sa stature et son chapeau largement débordant en font une pièce de plein jardin, faite pour être vue en entier.
Elle prend toute sa mesure au milieu d'une surface dégagée — gravier ratissé, mousse, pelouse rase — ou en compagnie d'un arbre à floraison, dont elle prolongera la verticale une fois les fleurs tombées.